La configuration locale a été fortement modifiée par la construction de la déviation routière sur la rive gauche de la Moselle. L?extraction des matériaux pour cet ouvrage a créé, en 1988, un plan d?eau d?un peu plus de neuf hectares. Ce petit lac est autant le rendez-vous des oiseaux migrateurs que des touristes en quête de verdure et de loisirs. Outre l?observation des oiseaux et la pêche, de nombreuses activités sont proposées autour du plan d?eau : plongée, canoë-kayak, baignade (surveillée pendant les mois d?été), pétanque et planche à voile. C?est aussi le point de départ d?une voie verte menant à Cornimont et à Bussang.
La ville est également bien desservie par la voie ferroviaire notamment avec deux allers-retours quotidiens à Paris en TGV depuis la gare de Remiremont.
[]Histoire
Le nom de Remiremont dérive du latin Romarici mons, le « mont de Romaric ». Romaric était un noble de la cour d?Austrasie à Metz, qui délaissa les affaires de cour pour la vie monastique, sous l?influence d?Amé de Remiremont, moine prédicateur disciple de saint Colomban. Ils firent ériger deux monastères au Saint-Mont, l?un d?hommes, l?autre de femmes au sommet, où saint Romaric vécut pendant trente ans, jusqu?à sa mort en 653.
La fondation du chapitre de Remiremont remonte à l?année 620. Il suit une règle approuvée par Louis le Débonnaire et publiée en 816 au concile d?Aix-la-Chapelle. Peu à peu, le monastère d?origine est devenu une communauté de chanoinesses, séculière et féodale, le Chapitre de Remiremont, réservé aux jeunes filles de la haute noblesse. Une cinquantaine de nobles dames y vivaient richement car l?abbaye avait de nombreuses possessions et l?abbesse avait rang de princesse du Saint-Empire romain germanique. Au XVe siècle, les ducs de Lorraine établirent leur suzeraineté sur le chapitre, prenant le titre de comtes de Remiremont.
Michel de Montaigne, qui s'arrêta à Remiremont en 1580, lors de son voyage en Italie et en Allemagne, relate dans son journal de voyage[1] que l'abbesse et les chanoinesses lui firent le plus aimable accueil et lui envoyèrent des artichauts, des perdrix et un baril de vin.
[]La guerre de Trente Ans
Pendant la guerre de Trente Ans, l'Abbesse Catherine de Lorraine[2], fille du duc Charles III de Lorraine, fit preuve d'initiative et de courage. En juillet 1638, lors du siège de Remiremont par les Français commandé par Turene, avec ses chanoinesses, elle entraîne la population de Remiremont et en quelques heures les trois brèches ouvertes par les canons français dans les murs de la ville se trouve réparées.
Auguste Digot dans son Histoire de la Lorraine en fait le récit:[3]? le sieur de la Jonchette, gouverneur d'Epinal, avait engagé le vicomte (Turenne) à se diriger sur Remiremont, pour y rétablir l'autorité du roi. Il disait que la ville ne pouvait tenir plus d'une demi-journée? Turenne chargea La Jonchette d'attaquer Remiremont, et le siège commença le 2 juillet. Il n'y avait que trente soldats dans la place, mais les bourgeois avaient pris les armes, avec la résolution de se bien défendre. Le 3, le marquis de Ville parvint à s'échapper et gagna les montagnes, où il tâcha de rassembler du monde pour secourir les assiégés. La Jonchette ordonna deux assauts, fut repoussé avec perte et dressa une batterie, qui ouvrit, en peu d'heures, une brèche large de vingt pas. Comme les soldats et les bourgeois n'étaient pas en état de garder les murailles et d'exécuter les ouvrages indispensables pour empêcher l'ennemi de pénétrer dans les rues, le commandant lorrain mit les femmes enréquisition ; elles refusèrent de sortir de chez elles ; mais la princesse Catherine, qui se trouvait heureusement dans la ville, accourut, avec les chanoinesses, et donna l'exemple de l'obéissance et du travail. À ce spectacle, chacun, voulut mettre la main à l'?uvre, et le dégât fut promptemenl réparé. Le 5 juillet, une compagnie de cavalerie lorraine, venant de la Franche-Comté, réussit à se jeter dans Remiremont ; le marquis de Ville y fit entrer cent cinquante hommes d'infanterie, et les Français, rebutés par l'opiniâtre résistance des assiégés, décampèrent, le 8, après avoir perdu plus de 700 hommes: tués, blessés ou prisonniers.
Jacques de Huvé[4], capitaine chatelain de la ville et du comté de Fontenoy-le-Château à la tête des sujets de sa capitainerie participa glorieusement à la lévée du siège.[5]
[]Révolution Française
A la Révolution française : le 7 décembre 1790, l?église abbatiale fut fermée après onze siècles d?existence.
Pendant quelques années, la ville de Remiremont s?appela Libre-Mont.