Données issues de l'encyclopédie Wikipedia
Pays du monde (nom des pays en français) Moldavie
[ ] Étymologie
Le nom de Moldavie vient de l'ancien allemand Mulde qui signifie « creux poussiéreux », « carrière », « mine », et qui a successivement désigné une cité minière (en roumain Baia, qui signifie aussi « carrière », « mine »), la rivière passant à côté, et pour finir une principauté née dans cette région. Ce nom désigne le territoire de l'ancienne Principauté de Moldavie (1359-1859) aujourd'hui partagé entre la République de Moldavie, successeur de la République socialiste soviétique de Moldavie, la région de Moldavie en Roumanie voisine (8 départements) et l'Ukraine (oblast de Tchernivtsi et partie à l'ouest du Dniestr -Boudjak- de l'oblast d'Odessa). L'adjectif géographique moldave se réfère à tout ce qui concerne le territoire historique de la Moldavie.
[ ] Histoire
- Il y a plus de 18 siècles : peuplée par les Daces ou Thraces septentrionaux (selon Hérodote), la région échappe à la conquête de la Dacie par l'Empire romain : seul le sud (départements de Cahul et Taraclia) est intégré à la province romaine de Scythia minor ;
- Au Moyen Âge : après avoir été partagée entre plusieurs petits duchés (Tintul, Soroca, Hansca, Iasi), elle fait partie depuis 1359 de la Principauté de Moldavie ;
- En 1367, la Bessarabie jusque-là valaque lui est rattachée (ce nom ne désigne à l'époque que les rivages du Danube et de la Mer Noire libérés des Tatars par la dynastie valaque des Basarab, et aujourd'hui appelés Boudjak) ;
- À partir de 1538 elle doit payer tribut à l'Empire ottoman mais conserve son autonomie ;
- En 1774, l'Autriche annexe la Bucovine (au nord-ouest du pays, puis en 1812, les Russes qui visent le contrôle des bouches du Danube obtiennent la moitié orientale du pays, et étendent le nom de Bessarabie à tout le territoire annexé dont Chi?in?u devient la capitale (traité de Bucarest - 1812) ;
- En 1856, suite à la Guerre de Crimée, la Principauté de Moldavie récupère le sud de la Bessarabie (aujourd'hui Boudjak, aussi nommée Bugeac en roumain) ;
- En 1859, la Principauté de Moldavie et la Principauté de Valachie s'unissent pour former la Roumanie : dès lors, les roumanophones des pays voisins (Banat, Transylvanie, Marmatie, Bucovine, Bessarabie et Dobroudja) réclament leur rattachement à ce pays ;
- En 1878, suite à la guerre que Russes et Roumains ont mené ensemble contre l'Empire ottoman, la Russie récupère le sud de la Bessarabie (aujourd'hui Boudjak) mais l'indépendance de la Roumanie est internationalement reconnue ;
- Pendant la Première Guerre mondiale le 2 décembre 1917 : indépendance de la République Démocratique de Moldavie (jusqu'à la Mer Noire, dans les frontières de la Bessarabie impériale russe) ;
- Le 27 mars 1918, son Parlement vote le rattachement à la Roumanie - mais fin 1918, elle passe sous le contrôle de l'Armée rouge et le Parlement appelle à la rescousse une division roumaine épaulée par l'armée française Berthelot ;
- En 1924, l'URSS qui reprend à son compte les ambitions géopolitiques des Tzars, refuse de reconnaître ce vote et fonde en Ukraine une Région socialiste soviétique autonome moldave (en roumain : Transnistrie) ;
- 2 août 1940 : en application du Pacte germano-soviétique, au début de la Seconde Guerre mondiale l'URSS envahit le territoire, que les Roumains évacuent sans combattre (le roi Charles II, pro-allié, est encore au pouvoir), et en rattachent les deux tiers à la RSSAM (le tiers restant va à l'Ukraine) : déportation des roumanophones instruits ;
- En juin 1941, la Roumanie, cette fois dirigée par Ion Antonescu, le « Pétain roumain », attaque l'URSS du côté de l'Axe et récupère le territoire : déportation de 140.000 juifs (210.000 autres fuient vers l'URSS : la plupart seront rattrapés par la Wehrmacht ou l'armée roumaine et tués en Ukraine) et de certains Roms ;
- Mars-août 1944 l'URSS récupère à son tour le territoire : déportation de 120 000 roumanophones accusés de collaboration de septembre 1944 à mai 1945 ;
- Sous le régime soviétique, une intense colonisation slave se développe : en 1978, 86 % des dirigeants sont des non-Roumains (Russes et Ukrainiens pour la plupart) ;
- 1985-91 : sous Gorbatchev, la politique de perestroïka se traduit en Moldavie par une revendication de reconnaissance de l'identité roumaine des autochtones et par un retour à l'alphabet latin, le roumain devenant officiel à côté du russe ;
- 27 août 1991 : la République de Moldavie proclame son indépendance, immédiatement reconnue par la Roumanie, puis par la communauté internationale ;
- Décembre 1991, la République Moldave Pridnistréenne dite Transnistrie proclame son indépendance par rapport à Chisinau (non reconnue par la communauté internationale), et demande son rattachement à la Russie ou à l'Ukraine; 500 « cosaques » russophones encadrés par la 14e armée russe (stationnée à Tiraspol) prennent le contrôle de la rive gauche du Dniestr où se trouvent 80% des industries, l'arsenal de Colbasna et la centrale hydroélectrique de Dubasari ; un millier de volontaires Moldaves armés passent en Transnistrie pour en reprendre le contrôle, mais sont repoussés (250 tués).
- Depuis 1992, sous la menace constante de couper le gaz et l'électricité, la Russie qui, en accord avec les occidentaux, considère la Moldavie comme relevant de sa sphère d'influence exclusive, convainc les électeurs moldaves de voter pour les partis amis de la Russie ; c'est le cas du gouvernement communiste actuel, présidé par un russophone (Vladimir Voronin) et élu à une grosse majorité (56 députés sur 101) lors d'élections libres validées par la communauté internationale. Les partis envisageant, dans le futur, un possible rattachement à la Roumanie (donc à l'Union européenne) ont fait moins de 20% des voix.
[ ] Géographie
|