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Pays du monde (nom des pays en français)
Rwanda


[ ] Histoire

Icône de détail Article détaillé : Histoire du Rwanda.

[ ] Époque pré-coloniale et coloniale

Traditionnellement, la population rwandaise était structurée en lignages, ce regroupement autour d'un ancêtre commun est dirigé par un roi, nommé le Mwami. Cette structure n'était cependant pas attachée aux sols mais aux personnes. Les populations parlaient la même langue, se mariaient entre elles et partageaient la (les) même(s) religion(s). Les deux principales ethnies sont les Hutus et les Tutsis. La troisième ethnie, constituée des Batwas (ou Twas) d'origine pygmoïde, est très minoritaire.

A leur arrivée, les colonisateurs allemands, puis belges cherchèrent à comprendre cette société extrêmement mobile qui ne correspondait pas aux critères européens. Ils cherchent à classifier les populations en fonction de leurs activités, de leur physique, etc. Ils sont très impressionnés par la monarchie rwandaise, et s'accordent à considérer cette catégorie, les "Tutsi", comme supérieure. Selon les colonisateurs, les "Tutsi" sont plus grands, plus clairs de peau, ce qui les rendrait plus aptes à diriger. Les colons vont donc s'appuyer sur les "Tutsi" pour mettre en place une administration coloniale. Il se crée ainsi une différenciation ethnique totalement artificielle issue du regard du colonisateur. Cette différenciation au départ théorique entre "Hutu" et "Tutsi" devient réelle dans l'organisation coloniale de la société. L'accès aux avantages, à l'enseignement, aux postes administratifs est réservé au "Tutsi". Peu à peu, les différenciations basées sur de prétendues analyses rationnelles sont intégrées par les populations. Les termes de "Hutu" et de "Tutsi" sont alors revendiqués par les Rwandais, et entraînent donc une différenciation effective de la société entre ces deux groupes. Selon l'histoire enseignée durant la colonisation, les Hutu majoritaires sont des fermiers d'origine bantou. Les Tutsi sont un peuple pastoral qui serait arrivé dans la région au XVe siècle depuis les hauts-plateaux éthiopiens. Un troisième groupe, les Twa, seraient les représentants des premiers colons de la région et plutôt proches des Pygmées.

Ces théories sont désormais fortement remises en cause et l'on tend aujourd'hui à considérer que les colonisateurs belges des années 1930, négligeant les références claniques, ont interprété de façon ethnique la structure socio-professionnelle de la population, et ont forgé une histoire pseudo-scientifique là où s'arrêtait la mémoire orale de la culture rwandaise.

Jusqu'en 1959, la « caste » dominante dans un système féodal basé sur la possession de troupeaux était majoritairement issue des Tutsi. Les décennies passant, la domination des Tutsi sur les Hutu est de plus en plus dénoncée par la majorité hutu, comme ce fut notamment le cas de neuf intellectuels hutu dans un texte publié le 24 mars 1957, le Manifeste des Bahutu. Puis, en 1959, les velléités d'indépendance des Tutsis incitent les Belges à renverser leur alliance au profit des Hutu, ce qui entraîne la chute de la royauté tutsie et la prise du pouvoir par les Hutu. Il s'ensuit une vague d'émeutes et de pogroms qui entraîne en exil des milliers de Tutsis.

[ ] Après l'indépendance

La première république se met alors en place et Grégoire Kayibanda, un hutu, accède à la présidence de la République en 1961. Le nouveau régime dut affronter des attaques des exilés tutsi, qui seront le prétexte de violentes répressions sur les Tutsi de l'intérieur, notamment en décembre 1963 où plusieurs milliers de Tutsi furent massacrés [1].

Pour maintenir l'unité politique, Grégoire Kayibanda instrumentalise les massacres de masse dont furent victimes les Hutu du Burundi en 1972, il justifie la crainte d'une menace des Tutsi rwandais. Les Tutsi, élèves et professeurs, sont systématiquement expulsés de l'enseignement, quelques-uns massacrés dans les établissements scolaires. Ces événements provoquent une nouvelle vague d'exode des Tutsi. Exploitant ces événements, Juvénal Habyarimana renverse immédiatement Grégoire Kayibanda en juillet 1973, puis fonde un parti en 1975, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND). La même année, le président français Giscard d'Estaing signe un Accord particulier d'Assistance Militaire[2] avec le gouvernement rwandais. Entre 1987 et 1994, des livraisons régulières d?équipement militaire vers le Rwanda seront effectuées par la France pour une valeur de 591 millions de francs[3]. En 1978, Habyarimana change la Constitution et fait adopter un régime à parti unique, le MRND, dont tous les rwandais sont membres d'office.

Les exilés tutsi s'organisent en Ouganda et créent le Front patriotique rwandais (FPR) en 1987. Le 1er octobre 1990, venant de l'Ouganda, le FPR entre en force au nord du Rwanda. La France dès le 4 octobre 1990, le Zaïre, dont les troupes combattront aussi le FPR, et la Belgique interviennent brièvement pour aider à évacuer des occidentaux. Le soutien militaire français sera maintenu sous la dénomination opération Noroît jusqu'à la mise en place des troupes de l'ONU (MINUAR commandée par le général Dallaire) en décembre 1993. La légalité de l'opération Noroît est contestable, comme le reconnaîtra le général Quesnot dans une note du 26 juin 1994 adressée au président Mitterrand [4]. Le ministre de la coopération Robert Galley témoignera que l'armée française a bien été utilisée afin de stopper l'avancée du FPR[5]. Le nombre officiel de militaires français participant à Noroît atteindra 688 personnes[6]. Huit à dix mille Tutsis sont emprisonnés en octobre 1990[7]. L'armée rwandaise massacre 1000 Bahimas (apparentés aux Tutsis) à Mutara, et 348 Tutsis dans la région de Kibilara[8]. Le 15 octobre 1990, l'ambassadeur de France au Rwanda, Georges Martres, adresse un télégramme au chef d'état-major particulier du président Mitterrand, dans lequel il mentionne le risque d'un génocide contre les Tutsis[9]. Malgré cet avertissement, le gouvernement français va continuer d'aider le régime d'Habyarimana. En 1991 divers groupes Tutsis sont exécutés par des extrémistes Hutu. Depuis ses bases arrières établies en Ouganda et avec l'appui en matériel et en hommes de l'armée ougandaise, le FPR établira progressivement une tête de pont au nord du Rwanda où des combats se poursuivront jusqu'en 1994. Ceux-ci sont la cause d'importants déplacements vers la capitale de la population hutu qui fuit les massacres et d'autres exactions attribuées au FPR dans la zone toujours plus vaste qu'il occupe dans le nord du pay


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