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Pays du monde (nom des pays en anglais) Nicaragua
[ ] Histoire
Colonisé par l'Espagne en 1524, le Nicaragua est devenu un État indépendant le 15 septembre 1821 et a adhéré aux Provinces unies d'Amérique centrale. Il s'est séparé de la fédération en 1838, devenant une république complètement souveraine en 1854.
L'histoire des débuts de la nation a été fortement influencée par les interventions militaires des États-Unis d'Amérique qui y voyaient la possibilité d'y creuser un canal entre Atlantique et le Pacifique. Le pays est troublé par des périodes prolongées de dictature militaire, la plus dure étant sans doute le règne de la famille Somoza au début du XXe siècle.
Entre 1927 et 1933, le général Augusto Sandino d'obédience libérale mena une guérilla, d'abord, contre le gouvernement conservateur, puis contre les forces américaines. Il fit la déclaration devenue célèbre: Si cent hommes aiment le Nicaragua comme je l?aime, le Nicaragua sera libre ! Il refusa un accord de paix proposé par les États-Unis en 1927. La guérilla fut finalement repoussée par l'USMC qui compensa son infériorité numérique par l'appui de l'aviation et de l'artillerie. À la fin de l'intervention américaine, les rebelles avaient été repoussés loin de toute agglomération et réduits à la famine et la désertion, le gouvernement nicaraguayen se trouvant en position de force pour les négociations avec le mouvement de Sandino qui aboutit à la paix en 1933 [1]. Les troupes américaines furent remplacées par la Garde Nationale formée et équipée par les États-Unis qui devait remplacer l'armée et la police supprimées par les Américains.
Anastasio Somoza García fut le premier dirigeant de la garde nationale.
Avec le soutien des États-Unis, Somoza fit assassiner son principal opposant politique, Sandino, en février 1934 et prit le pouvoir en 1936.
Anastasio Somoza instaura une dictature personnelle de 1936 à 1956. Ses fils Luis et Anastasio lui succèdèrent, le pays fut mis en coupe réglée. Purs opportunistes, les Somoza, surent man?uvrer avec les États-Unis lors de la Guerre Froide, en se posant comme anti-communistes afin de bénéficier de l'appui américain.
L'opposition au régime était personnalisée par Pedro Joaquín Chamorro Zelaya, descendants de présidents du Nicaragua, de sensibilité conservatrice, qui luttait contre les Somoza par le biais de son journal "La Prensa". Chamorro contre Somoza : une dynastie d'opposants à une dynastie de dictateurs.
Reprenant le combat de son père, Pedro Joaquín Chamorro Cardenal fut arrêté en 1944, alors qu'il n'avait que 20 ans et amené à fuir au Mexique. De retour en 1948, il succéda à son père comme éditeur de "La Prensa" où ses positions contre la dictature lui valurent d'être arrêté, torturé et emprisonné en 1954 puis en résidence surveillée.
Anastasio Somoza fut assassiné le 21 septembre 1956, le fils aîné, Luis Somoza Debayle, accéda à la présidence et Pedro Joaquín Chamorro Cardenal fut arrêté de nouveau, accusé de complicité dans l'assassinat du président. Chamorro fuit en 1959 au Costa Rica d'où il organise une expédition pour renverser le fils de Somoza. Il est arrêté, puis relâché en 1969 par Anastasio Somoza qui avait accédé à la présidence en 1967 qu'il exerça jusqu'en 1972.
En 1972, Somoza ne pouvait se représenter, une loi interdisant deux mandats consécutifs. Mais comme il conservait le poste de chef de la Garde nationale, il profita de la situation catastrophique créée par un tremblement de terre en décembre 1972 pour promulguer la loi martiale et prendre ainsi le contrôle du pays. Chargé d'acheminer l'aide internationale reçue après le tremblement de terre, il s'en appropria la majorité.
Malgré tout, Somoza fut réélu président lors des élections de 1974, mais maintint un pouvoir répressif et perdit l'appui d'anciens soutiens : l'oligarchie, les États-Unis et l'Église catholique. Un autre mouvement, plus à gauche, rejoignit le courant conservateur dans l'opposition au régime : le FSLN.
D'obédience marxiste mais se réclamant paradoxalement de la figure d'un libéral, extrêmement populaire Sandino, le FSLN Front Sandiniste de Libération Nationale, avait été fondé en 1961 à La Havane et s'était lancé dans les années soixante dans la guérilla sur le modèle de Fidel Castro et de ses Barbudos. À partir de 1970, il avait lancé une série de vols de banques pour se financer et le 27 décembre 1974, s'empara de 30 otages, dont le beau-frère du dictateur Somoza . Celui-ci accepta les demandes des preneurs d'otage et leur donna ainsi de la crédibilité. Mais grisé par le succès, le FSLN perdit son unité et se divisa en trois factions en octobre 1975 :
- Le FSLN Proletario composé de marxistes se disant orthodoxes (TP) qui préconisaient une guérilla basée sur la prolétarisation des travailleurs;
- Le FSLN Guerra Popular Prolongada qui souhaite une guerre populaire prolongée(GPP);
- Le FSLN Insurreccional qui favorise une approche brusque, insurrectionnelle.
Cependant, affaibli, le gouvernement aggrava sa politique de répression avec pour seul résultat la montée de l'opposition. Chamorro fonda alors un parti d'opposition qui réclame la démission du président. Mais le 10 janvier 1978, Pedro Joaquín Chamorro Cardenal fut assassiné. Ses funérailles font déplacer des foules énormes -30 000 personnes à Managua- et des émeutes éclatent dans le pays. En février 1978, le milieu des affaires se joignirent à l'opposition qui organisa une grève générale, demanda la démission de Somoza et la formation d'un gouvernement de transition. Malgré la répression, les contestataires formèrent en juillet 1978 un front national auquel se joignit la veuve de Pedro Chamorro, Violeta Barrios de Chamorro, devenue directrice de "La Prensa".
Le 5 juillet 1978, la bourgeoisie antisomoziste fonda le Front élargi d?opposition (FAO) et proposa l?installation d?un gouvernement provisoire et la tenue d?élections.
En septembre 1978, une grande partie de la population se soulève dans les départements de León, Matagalpa, Chinandega, Estelí, Masaya et Managua, mais la supériorité logistique de la garde nationale de Somoza oblige les troupes à se replier dans les campagnes et les montagnes. L'insurrection est cependant sans cesse nourrie de nouveaux effectifs issus de la population. Peu à peu, les trois tendances du FSLN se rapprochent. La réunification du FSLN est signée en 1979 cependant que l'opposition conservatrice se renforçait.
La population entama une grève générale qui paralysa le régime. Les villes s'insurgèrent une seconde fois et Somoza répondit par des bombardements massifs. Un journaliste de la chaîne américaine ABC Bill Stewart fut assassiné par la Garde Nationale devant les caméras de télévision ce qui convainquit l'opinion publique des États-Unis. Le gouvernement Carter interrompit le soutien à Somoza.
En juillet 1979, le le dictateur Anastasio Somoza Debayle, dernier de la dynastie des Somoza, demissionnait et quittait le pays. Une coalition regroupant les cinq principaux courants anti somozistes prit les commandes du gouvernement : le sandiniste Daniel Ortega, d'obédience marxiste, l'écrivain Sergio Ramírez Mercado ancien opposant aux Somoza et membre fondateur groupe d'artistes et d'intellectuels nicaraguayens, Les Douze, l'homme d'affaires Alfonso Robelo Callejas, Violeta Barrios de Chamorro veuve de Pedro Chamorro et Moisses Hassan.
L'extrême disparité de cette coalition entraîna des conflits continuels et les quatre membres non sandinistes de la coalition dénoncèrent la mainmise progressive de Daniel Ortega sur les organes du pouvoir malgré les accords passés entre les différents acteurs du renversement de la dictature somoziste. En avril 1980, par protestation, Violeta Barrios de Chamorro démissionna du gouvernement et à la tête de "La Prensa" , dénonça la dérive dictatoriale sandiniste et leurs infiltrations dans les rouages du gouvernement. La forte pression de Washington permit la tenue d'élections qui devaient voir s'affronter principalement le leader sandiniste Daniel Ortega et Arturo Cruz. Mais ce dernier boycot
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